Sofia

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« Ma pratique picturale se distingue par l’utilisation de la bauxite (matière adaptée). »

– Sofia

Sophie Lebeuf est née à Chicoutimi en 1969. De son enfance, elle garde le souvenir des pots de gouache à la maternelle, l’odeur de la pâte à modeler, les dessins avec sa mère, le bricolage avec sa sœur, les images d’art religieux que sa tante religieuse lui donnait et un cheval fait en pointillisme. Dès l’âge de 12 ans, elle développe un vif intérêt pour l’art avec une session d’apprentissage à l’atelier d’Angémil Ouellet, un peintre paysager qui s’inspire principalement du Nord du Québec. Son enfance et son adolescence, Sophie Lebeuf les passe en compagnie de chevaux, véritables confidents, sur la fermette familiale. C’est un sujet qui, d’ailleurs, la suivra tout au long de sa vie et qui se présentera de façon récurrente dans son travail d’artiste. A l’âge de 16 ans, elle fait une première expérience d’exposition dans la rue des Trésors à Jonquière. Quelques années plus tard, à l’âge adulte, elle souhaite réaliser ses rêves et laisser ses passions évoluer. L’art devient un besoin vital pour elle. La peinture et les chevaux – deux éléments importants pour son équilibre personnel – deviennent alors une seule et même passion. Le plaisir d’enseigner et le désir de s’impliquer dans le milieu culturel font aussi partie des éléments qui contribueront à son bien-être intérieur.

En 1994, elle obtient un diplôme collégial en design intérieur au Cégep de Jonquière et, de 1996 à 2002, elle suit une formation universitaire interdisciplinaire en arts visuels à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Pendant ses études universitaires, elle explore plusieurs médiums et expérimente l’intégration de la bauxite dans sa peinture. Cette poudre orangée, servant à l’aluminerie, combinée à des pigments et à un liant, lui permet de renforcer le rendu et d’accentuer le jeu du clair-obscur dans son travail.

Au début de l’âge adulte, Sophie Lebeuf expose dans de petits groupes et fait quelques symposiums. Elle fait également de belles rencontres, comme celle de Gilles Brown de la galerie Clarence Gagnon, en 2002, qui va l’encourager à continuer sur la voie artistique qu’elle s’est tracée. Toutefois, c’est en 2003 qu’elle débute véritablement sa carrière en tant qu’artiste professionnelle. C’est l’artiste Jean-Paul Lapointe qui a été son mentor et l’a encouragé à faire sa première exposition personnelle à l’espace Maestria à Chicoutimi, en 2003. Suite à cela, le soir du vernissage, Monsieur Paul Laforest lui a proposé de participer au Salon Rencontre des arts à Saint-Jean-sur-Richelieu. La voie s’ouvrait ainsi devant elle, presque naturellement.

Dès ses débuts, elle obtient des prix et des distinctions, dont un 2e Prix au Salon Rencontre des Arts de Saint-Jean-sur-Richelieu et un 2e Prix au Concours Sélect de Chicoutimi. Sophie Lebeuf, également connue sous son nom d’artiste – SOFIA – multiplie ainsi les endroits d’exposition au Nouveau-Brunswick et au Québec, mais également à l’international avec, une toute première exposition en Belgique et en France dès 2008. Elle exposera à nouveau en France, au Carrousel du Louvre, en 2015, et à Cannes l’année suivante. Elle rencontre l’artiste Jérémie Gilles, en 2008. Celui-ci la guide et l’encourage dans son cheminement professionnel. En 2011, Michel Bois écrit sur elle dans la revue Magazin’Art (dans le numéro 93). Il dira d’abord qu’elle est une « femme de cœur, de liberté et de passion ». Cet article lui ouvrira d’autres portes. « (…) Ainsi a-t-elle développé une sorte de vision en mouvement alliant les répétitions à motif à travers les courbes, les ondulations et les contrastes tantôt transparents, tantôt opaques.(…) », écrira-t-il en parlant du travail de Sofia.

Finalement, en 2016, elle obtient une Médaille de bronze à l’Académie Arts Sciences Lettres de Paris ainsi qu’un certificat, lors du Gala Reconnaissance, du Centre national d’exposition de Jonquière, ce qui fait suite à un autre 2e prix avec jury qu’elle avait obtenu à Trois-Rivières, en 2010, pour l’une de ses oeuvres.

Entre temps, en 2006, elle devient membre du Regroupement des artistes en arts visuels (RAAV), de La Maestria de 2008 à 2016 et de l’Académie internationale des beaux-arts du Québec (AIBAQ) de 2009 à 2013. Sophie Lebeuf est membre professionnelle de la Société du droit de reproduction des auteurs, compositeurs et éditeurs au Canada(SODRAC) depuis 2011, membre associée de l’Académie Arts Sciences Lettres de Paris, depuis 2015 et, tout récemment, elle est devenue membre professionnelle du Collectif International d’Artistes ArtZoom (CIAAZ) en octobre 2017.

SOFIA, qui désire orienter sa carrière de façon plus constructive, fait expertiser son travail par une experte en art, en octobre 2017. C’est le début d’un nouveau chapitre qui s’écrit pour elle avec une belle collaboration professionnelle qui la fera évoluer sur le marché de l’art canadien et européen.

On retrouve aujourd’hui l’artiste, en exposition permanente, à la Galerie du Vieux Saint-Jean à Saint-Jean-sur-Richelieu, à la Galerie d’art Jacques Lacroix à Chicoutimi et à son studio-école, situé à Jonquière. Plusieurs expositions sont prévues pour 2018, notamment des expositions thématiques à L’Espace contemporain de Québec et une exposition personnelle à la Galerie du Vieux Saint-Jean à Saint-Jean-sur-Richelieu.

 

Biographie écrite par HeleneCaroline Fournier, experte en art et théoricienne de l’art, rédactrice spécialisée, critique d’art et journaliste indépendante

SON APPROCHE ARTISTIQUE

 

L’acrylique-bauxite

Pendant ses études en art, de 1997 à 2002, Sophie Lebeuf (SOFIA) a fait beaucoup d’explorations et d’expérimentations plastiques. C’est ainsi qu’elle en est arrivée à l’utilisation de la bauxite dans sa peinture. Après plusieurs tentatives, ayant appris de ses erreurs, elle est parvenue au mélange parfait ; cette alchimie, dont elle seule connaît la recette exacte, devient dès lors son médium de prédilection.

Dans une palette de couleurs, volontairement restreinte, SOFIA applique la transparence de la bauxite qui donne aussitôt une nouvelle intensité aux couleurs utilisées. L’œuvre acquière ainsi sa richesse tonale. Cette poudre, principalement utilisée dans l’industrie de l’aluminerie, apporte une lumière particulière qui anime les formes et rehausse l’atmosphère suggérée par l’artiste. Ce rouge-orangé caractéristique renforce les couleurs ; leur donne leur caractère. Le jeu du clair-obscur produit un élan dynamique à sa composition picturale. C’est la dualité d’oxyde rouge et de cobalt qui va, par la suite, supporter toute la composition du tableau.

Après avoir débuté par le tachisme créée par la bauxite, SOFIA perçoit la ligne directrice préparatoire à l’esquisse de son sujet. Elle place ensuite ses éléments principaux qui, de fil en aiguille, la conduiront à réaliser l’oeuvre complexe où se mêlent symbolisme et allégorie.

Couleurs et matière modèlent les formes, ajoutent une atmosphère, donnent une puissante sensation de mystère. Les rapports de masse et de contraste s’organisent entre sensualité et force, entre fluidité et puissance.

Ses animaux

Sophie Lebeuf part de l’émotion pure. Elle saisit le sentiment du moment, le transpose à sa manière, souvent sous la forme d’animaux. Cette synergie marquée par ses émotions, d’une part, met en place les éléments de la composition picturale marqués par son expression artistique personnelle, d’autre part. Ses animaux ne sont jamais de simples bêtes, mais des témoins de sa sensibilité intérieure qui portent en eux l’ADN de l’artiste. Ils ont une identité profonde : ils deviennent protecteurs, porteurs d’une expression née de l’émotion. Ils observent, questionnent, amènent une résonnance particulière. Cette association humain-animal et animal-humain est un écho au propre vécu de SOFIA pour qui l’animal a une place importante dans sa vie.

L’expression de ses animaux, sortie tout droit des états d’âme de l’artiste, est porteuse de réflexion. Ses sujets se rapprochent du symbolisme, à leur manière, témoignant ainsi de leur fougue, de leur force et de leur singularité. Ils illustrent bien les passions – parfois sauvages – qui habitent l’artiste.

Ses présences au-delà de l’apparence

Utilisé par les philosophes pour révéler la complexité inattendue de la réalité, le paradoxe est un puissant stimulant pour la réflexion. Subtil dans la peinture de SOFIA, il déforme parfois la réalité et donne ainsi au public l’opportunité de regarder les choses différemment. Ainsi, la naissance de nouvelles formes, la déformation ou l’exagération de celles-ci font sentir qu’un résultat inattendu est tout aussi intéressant que la mimésis réaliste.

En parlant de son travail, l’artiste écrit : « Il s’y dessine une expression humaine à travers le modelage des corps animaliers.(…)Ma peinture naît d’une gestuelle assurée, dessinant ces formes sensuelles, voire un enchainement de réflexes, des réactions instinctives, voire même sensitives, d’un senti émotif, par la douceur du trait et de par la force soutenue du clair-obscur. Ce sont des analogies intéressantes qui permettent des allégories visant les relations humaines et animales(…).Avec cette poésie visuelle, je peux exploiter cette forme d’expression qu’est la peinture pour transmettre de façon subtile la pensée qui m’habite, donner vie en ajoutant du mouvement, une courbe, du volume et du rythme(…) ».

 

Démarche artistique écrite par HeleneCaroline Fournier, experte en art et théoricienne de l’art, rédactrice spécialisée, critique d’art et journaliste indépendante

A venir.