Debby Talbot

  • 1-Cabane dans l’arbre-30×36
  • 10-UNTITLED_Vue sur un salon rose-20×16
  • 13-UNTITLED_SourireDiscret-30×24
  • 7-Cache au bord du lac-42×54
  • 14-UNTITLED_La brune derrière le feuillage-20×16
  • 15-UNTITLED_Camouflage-20×16
  • 16-UNTITLED_Ika-24×20
  • 3-Ciel étoilé-18×24 consignation
  • 4-Abris-24×18

<<Mon travail est la résultante d’un chaos de formes et de couleurs légèrement orienté.>>

-Debby Talbot

Diplômée de l’Université du Québec à Montréal en 2013, récipiendaire de la bourse McAbbie, Debby Talbot a présenté son travail dans plusieurs galeries au Québec et en Ontario. Ses œuvres ont été acquises par plusieurs collections privées, corporatives et publiques, dont celle de la Ville de Montréal (2015). Récemment, son travail a été sélectionné pour faire partie de la délégation canadienne pour l’exposition annuelle du Carrousel du Louvre à Paris, présenté en 2017.

Principalement attirée par la peinture, elle a su très tôt développer sa propre signature de par une technique unique. Sa pratique implique une nouvelle recherche de l’utilisation de la peinture outrepassant le simple fait de peindre. Elle a su amener ailleurs cet art pictural élargissant les perspectives que peut offrir ce médium. Sa technique conditionne l’œuvre; son sujet transporte.

L’artiste a su développer au fil de ses recherches une technique de séchage des mélanges d’acrylique sur un support fixe lui permettant par la suite de choisir, de découper, de morceler la peinture afin de les apposer méthodiquement sur le tableau selon un modèle graphique préalablement conçu par elle-même. Sans l’attirail usuel des peintres, l’artiste accumule et superpose ainsi les fragments, les couleurs, les textures construisant au fur et à mesure un amalgame impressionnant de composition. Pour l’artiste, le matériel prime, la peinture s’instrumentalise et l’abondance domine. Dans son travail, la spécificité de la peinture n’est plus une fin en soi, elle marie habilement le côté sculptural au médium bidimensionnel. Par ailleurs, le côté tactile de ses œuvres enclenche instantanément une proximité avec les gens. Son travail interroge et redéfinit le dogme de la peinture, déclassant les évidences encadrant cette pratique.

Depuis sa sortie de l’université, l’artiste a produit trois séries majeures. Sa première exposition, Chair Mamy, se voulait une capture d’une parcelle de vie, une relecture de ces archives que sont nos alleux. La peau, la texture et la couleur étaient le cœur du projet. C’est dans le modèle vivant des ainées que l’artiste a voulu explorer cette dynamique du moment unique. Sa deuxième série, Repai(è)res, mettait l’emphase sur l’essentiel, le retour à une nature brute, questionnant la limite de ce que l’on doit montrer ou garder pour soi. Exploiter la dualité entre la cache et la matérialité de l’œuvre, se dissimuler des autres ou se dévoiler en se laissant apprivoiser. Sa plus récente série, Mais où sont les épices ? aborde les différentes facettes qui pimentent notre identité, les reliques que l’on porte en soi, sur soi, et que l’on garde même autour de soi. Tous les sujets représentés dans ces trois séries font partie d’un processus de façonnement questionnant le degré d’authenticité de chacun et la place que l’on prend en tant qu’individu. Ces tableaux sont le reflet des enjeux identitaires de chacun.

L’amplitude de son travail dans sa difficulté technique et logistique lui permet de générer une nouvelle vision de l’approche picturale de la peinture. Sa gestualité conditionne l’œuvre alors que sa démarche figurative symbolise le contenu. Son souci constant de faire progresser le réalisme au milieu d’une construction abstractive amène une dynamique propre et unique à la technique de l’artiste. L’image n’est pour toujours celle que l’on cherche, mais celle qui se dévoile peu à peu. Sa composition fragmentaire amène une modification de notre perception immédiate. Elle nous pousse à s’approcher, à s’éloigner, à chercher, développant un échange intimiste dans cette expérience physique. Cette révélation met de l’avant de façon percutante l’unicité méthodologique de l’artiste. Ses tableaux projettent un esthétisme que l’on ne peut qu’irrévocablement associer à Debby Talbot. Elle démontre une prodigieuse aptitude à créer des liens inusités entre les approches figurative et abstractive de la peinture. L’art de Talbot inspire à la découverte. Son travail ne peut se réduire à une simple construction, mais fait preuve d’un judicieux étalage d’aptitudes techniques qui rend possible le détail dans l’abstraction. Le travail de l’artiste projette une perspective très riche sur la conception de peindre. Elle peut présenter son travail comme portrait tout en revêtant les caractères associés à l’art abstrait ou même à l’impressionnisme. Par le choix de ses sujets et de la technique utilisée, Debby Talbot tente de redéfinir les limites de la peinture et participe ainsi à entretenir cette effervescence ressentie autour de l’art contemporain.